Le Maroc dénonce la position de l'Algérie sur la MINURSO au Conseil de sécurité de l'ONU

Rédigé le 26/03/2025
LeMag .africa


La tension diplomatique entre le Maroc et l'Algérie s'est cristallisée une nouvelle fois lors du débat public du Conseil de sécurité de l'ONU sur les opérations de paix, le 25 mars 2025. Majda Moutchou, Représentante permanente adjointe du Maroc auprès des Nations Unies, a fermement contesté l'intervention de son homologue algérien concernant la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

"Cette manipulation politique sélective et ce deux poids, deux mesures flagrant ne peuvent plus être tolérés", a déclaré Moutchou, en réponse à la délégation algérienne qui avait soulevé la question des droits de l'Homme dans le cadre de la MINURSO. La diplomate marocaine a rappelé que le mandat de cette mission, tel que défini par le Conseil de sécurité, se concentre exclusivement sur la supervision du cessez-le-feu.

Pour étayer sa position, la représentante marocaine a mis en lumière plusieurs éléments factuels : "Sept missions de paix de l'ONU sur onze n'incluent pas de mandat de surveillance des droits de l'Homme", souligne-t-elle. Elle a également rappelé qu'en octobre 2024, le Conseil de sécurité avait explicitement rejeté l'incorporation d'un mécanisme de surveillance des droits de l'Homme dans les attributions de la MINURSO.

L'engagement du Maroc en matière de droits humains s'illustre par sa collaboration régulière avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, comme en témoignent les nombreuses visites d'experts internationaux sur son territoire. Moutchou a retourné l'argument en pointant du doigt la situation "bien plus urgente" des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, établis en territoire algérien.

Cette confrontation diplomatique s'inscrit dans le cadre plus large du différend territorial sur le Sahara occidental, pour lequel le Maroc propose une solution d'autonomie sous sa souveraineté, une initiative qui bénéficie notamment du soutien de la France, comme le confirment les documents officiels des Nations Unies. La position marocaine réaffirme ainsi la nécessité de maintenir le mandat actuel de la MINURSO, tout en appelant à une résolution politique du conflit dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité.